Pourquoi est-il facile de compter à rebours alors qu'il est difficile de réciter l'alphabet à l'envers ?

Il est vrai que faire un décompte à partir de 10, 50 ou même 100 vers 0 est assez facile. En revanche, réciter l’alphabet à l’envers, de Z à A, met en difficulté la majorité des gens, même des adultes. Cette différence s’explique facilement et même assez logiquement.
Un plus un égal deux
Quand on apprend à compter, les chiffres nous sont présentés comme une suite logique fondée sur des règles simples d’incrémentation répétitive. Autrement dit, zéro est le premier chiffre, un vient après lui, puis deux vient après un, et trois après deux. Le cerveau n’a pas besoin de mémoriser chaque transition individuellement, car il applique un principe abstrait qui consiste simplement à ajouter une unité à chaque étape. Pour compter à rebours, c’est pareil : que l’on passe de 100 à 99 ou de 27 à 26, la règle reste identique, même s’il s’agit cette fois-ci de retirer une unité à la fois.
Des séquences à reconstruire
À l’inverse des chiffres maintenant, l’alphabet est mémorisé comme une séquence figée, car nous l’avons appris par répétition (par cœur donc). L’alphabet ne repose d’ailleurs sur aucune logique interne : la lettre M ne précède pas N pour une raison conceptuelle, mais par convention. C’est ainsi que lorsqu’on tente de réciter l’alphabet à l’envers, le cerveau ne peut pas appliquer de règle générale (comme retrancher ou ajouter une unité par exemple). Il doit donc reconstruire les séquences lettre par lettre, en effectuant des allers-retours mentaux constants, ce qui cause la difficulté.
Un entraînement différent
Les automatismes engendrés par l’habitude sont un autre facteur à prendre en compte. Compter à l’endroit comme à l’envers est une tâche que l’on exécute fréquemment, notamment en cours d’apprentissages scolaires, en jouant, ou même durant nos occupations courantes. Réciter l’alphabet à l’envers, en revanche, est une chose inhabituelle à faire et que l’on pratique donc largement moins. Or, la psychologie cognitive montre que plus une action est automatisée, plus on devient capable de l’effectuer facilement, sans même y réfléchir (elle coûte moins en effort mental). Voilà comment l’absence d’entraînement explique également la difficulté qu’on a à égrener l’alphabet à l’envers, alors que compter à rebours se fait quasiment naturellement.











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