Tous les muscles servent-ils à quelque chose ?

Le corps humain compte environ 640 muscles qui participent à des fonctions essentielles comme la locomotion, la respiration ou la circulation sanguine (rien que le cœur est un gros muscle, par exemple). Sans muscle, impossible également de manger, de nous tenir debout, ou même d’écrire.
À première vue ainsi, si un muscle existe, c’est qu’il a une fonction à remplir. En réalité, ce raisonnement est incomplet, car il ne prend pas en compte un élément essentiel : l’évolution. Les recherches en biologie évolutive montrent en effet qu’une partie de notre musculature est héritée d’un passé très ancien, tellement ancien qu’elle ne joue plus aujourd’hui qu’un rôle secondaire, voire marginal. On les appelle les muscles vestigiaux.
Parmi les exemples les plus connus figurent les muscles auriculaires, situés en haut, devant et derrière chaque oreille (vers le haut du crâne, le long de la tempe, et vers la nuque). Chez de nombreux animaux, ces muscles permettent d’orienter le pavillon de leurs oreilles sans avoir à bouger la tête afin de mieux capter les sons. Chez l’être humain, cette capacité a presque disparu et seules quelques personnes peuvent encore bouger légèrement leurs oreilles, ce qui donne d’ailleurs lieu à des dîners de famille toujours cocasses. Cette capacité, toutefois, ne confère évidemment aucun réel avantage fonctionnel.
Autre cas de muscle vestigial : les muscles horripilateurs, autrement appelés “muscles arrecteurs du poil”. Chez nos ancêtres, nettement plus velus que nous, ils servaient à redresser les poils pour que la chaleur corporelle se conserve mieux. Aujourd’hui, avec notre peu de pilosité, leur utilité est largement réduite. Lorsqu’ils entrent en action toutefois, quand il fait froid ou quand une forte émotion nous traverse, ils provoquent ce que l’on appelle communément "la chair de poule".
Localisé au niveau du poignet, le muscle long palmaire est un autre muscle qui interroge par son existence. Courant depuis le poignet vers le milieu du bras, ce muscle était indispensable du temps où nous passions notre vie dans les arbres. Il permettait d’appliquer une plus grande force sur les branches afin d’avoir une meilleure préhension. Aujourd’hui, il n’a tellement plus d’utilité dans notre vie moderne qu’entre 15 et 25 % des êtres humains en sont désormais dépourvus. Il arrive même que des personnes en aient sur leur bras droit, mais pas sur leur bras gauche !
En résumé, non, tous les muscles ne servent pas forcément à quelque chose. En revanche, puisqu’ils sont là, ils contribuent tout de même, d’une façon ou d’une autre, à l’efficacité de notre système musculaire.











Vos commentaires