Comment anticiper les risques numériques dans un monde ultra-connecté ?

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Il ne nous a pas fallu longtemps pour devenir dépendants d'Internet. Cloud, objets connectés, télétravail, les interconnexions sont devenues multiples, offrant, hélas, autant de points d'entrée pour les cybercriminels. Alors que les surfaces d'attaque augmentent, se pose finalement la question de la survie dans un monde numérique devenu dangereux.

En 2025, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) a recensé 3 586 événements de sécurité, ce qui inclut les cyberattaques, les vols de données, ou encore les rançongiciels (un virus qui crypte les données de l'ordinateur qu'il infecte puis demande une rançon pour les débloquer). Un chiffre largement sous-estimé, car n'incluant que peu, voire pas d'incidents touchant les particuliers.

Tant qu'on est connecté, personne n'est à l'abri !

Si l'on observe les administrations et les entreprises, il est clair que la transformation numérique a grandement amélioré leur productivité. En parallèle néanmoins, elle a également créé de nouvelles vulnérabilités : 48 % des victimes de rançongiciels étaient ainsi de petites entreprises, 11 % des collectivités et 8 % des hôpitaux. Il suffit d'une faille dans un logiciel, d'un compte utilisateur compromis, ou encore d'un équipement mal configuré pour permettre à un attaquant de pénétrer dans le réseau d'une organisation.

Dans la plupart des cas, la simple utilisation d'un vpn entreprise pour sécuriser une connexion à distance, l'application régulière de mises à jour pour combler des failles, ou tout simplement le passage d'un Windows 7 obsolète à Windows 11, auraient pu avorter l'attaque. Cela rappelle que, en fin de compte, les meilleures armes contre les risques numériques restent la prudence et la prévention.

Mettre en place sa défense, mais aussi des sauvegardes

La pluralité des menaces force les utilisateurs à évoluer. Il est fini le temps où utiliser un antivirus rudimentaire, fonctionnant simplement avec une base de données de virus connus, était suffisant. Aujourd'hui, il faut des outils EDR (Endpoint Detection and Response) ou XDR (Extended Detection and Response) pour avoir une chance de détecter les menaces plus actuelles comme les rançongiciels et les cryptomineurs (virus informatiques qui utilisent les ressources de l'ordinateur infecté pour miner de la cryptomonnaie).

Pour penser la meilleure protection, posez-vous donc les bonnes questions : quelles données sont sensibles ? Qui peut y accéder ? Quels logiciels sont installés ? Quels sont les points d'entrée de votre réseau ? Quels équipements y sont connectés ? Cela vous permettra d'identifier les cibles potentielles des pirates informatiques et de déployer des mesures adaptées : meilleur choix de logiciel (disposant de mises à jour plus fréquentes, par exemple), chiffrement des données, authentification multifactorielle, réseaux privés virtuels (VPN) pour les accès distants, etc.

La prévention, enfin, passe également par la sauvegarde. On applique ici la règle du 3-2-1 : à savoir garder en tout temps 3 jeux de données sur au moins 2 technologies de stockage différentes, dont 1 copie hors site (sur un disque chez un proche, dans le cloud, etc).



Le Zero Trust comme ultime recours

Le chercheur britannique Stephen Paul Marsh, au début des années 1990, a été le premier à introduire le concept de Zero Trust, "Zéro Confiance" en français. En 2010, John Kindervag le formalisera en une architecture de sécurité qu'il résume en une phrase : "Never trust, always verify", ou, dans la langue de Molière, "Ne jamais faire confiance, toujours contrôler".

Le Zero Trust séduit aujourd'hui de plus en plus d'entreprises qui y voient un moyen simple d'anticiper les risques numériques. Dans un tel environnement, aucun utilisateur, appareil ou même application n'est considéré comme fiable par défaut, même lorsqu'il se trouve déjà dans le réseau. Il devra ainsi prouver son identité à chaque requête grâce à un contrôle dynamique et continu. Et, surtout, chaque accès sera super-ciblé, limité au strict nécessaire.

L'humain au centre de la cybersécurité

On aura beau barricader un réseau, il faut comprendre que l'humain, l'utilisateur donc, sera toujours le maillon faible d'une chaîne de sécurité. Preuve en est les campagnes d'hameçonnage qui exploitent la crédulité ou l'inattention pour obtenir des identifiants ou installer des logiciels malveillants. Pour ne rien arranger, les énormes progrès faits en intelligence artificielle permettent désormais de rendre les contenus frauduleux vraiment crédibles, dupant même les plus aguerris.

Ainsi, au-delà de l'aspect technique, c'est essentiellement l'humain qu'il faut sensibiliser et même former aux menaces afin qu'il apprenne à les anticiper. En entreprise, la cybersécurité n'est plus uniquement la responsabilité d'un service informatique, mais concerne tous les collaborateurs, de la direction générale aux employés, en passant par les ressources humaines.

Finalement, si l'on synthétise tout ce qui s'est dit, se tenir prêt face aux nouveaux risques et menaces du monde numérique implique :


  • d'identifier en premier lieu les points d'achoppement de son système ;

  • de les sécuriser du mieux possible avec une défense multicouche (un antivirus, un mot de passe solide, une mise en isolement, etc.) ;

  • de rester en veille sur l'avancée des menaces et des contre-mesures ;

  • et, le plus crucial, de sauvegarder régulièrement les données les plus précieuses.

Publié par Ando le 06/08/2026🎧 Les meilleures questions en podcast !

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