Vous utilisez un bloqueur de publicités et nous pouvons le comprendre.
Mais notre site est entièrement gratuit grâce à la publicité, non intrusive.
Merci de nous soutenir en désactivant votre bloqueur.

> Cliquez sur l'icône rouge située en haut à droite de votre navigateur
> Choisissez l'option : "Désactiver pour ce site" ou cliquez sur le bouton bleu, puis sur "Actualiser"
> Si besoin, rechargez la page en appuyant sur la touche F5 de votre clavier

Pourquoi la Saint Valentin est-elle la fête des amoureux ?

A chaque mois de février, une certaine effervescence électrise l'air et l'on voit fleurir un peu partout des cœurs, des cupidons et encore plus de cœurs. Pas de doute, c'est bientôt la Saint-Valentin. D'ailleurs, comment se fait-il qu'on célèbre justement les amoureux ce jour-là ? La réponse a de quoi surprendre !

L'histoire de saint Valentin

Si saint Valentin est bien le saint patron des amoureux, il ne l'est devenu que sur le tard et sûrement pas à cause de ses actions. Mise à part le nom en réalité, la fête de la Saint-Valentin n'a rien à voir avec le saint fêté le 14 février, un personnage dont l'histoire n'a d'ailleurs rien de romantique.

Valentinus était un prêtre romain emprisonné sous le règne de Claude II, empereur de Rome au 3e siècle et persécuteur de chrétiens. Entendu par un aristocrate et juge du nom d'Asterius, Valentinus entreprit subtilement de le convertir au christianisme tout du long de leurs échanges. Asterius lui proposa alors un marché : s'il parvient à guérir la cécité de sa fille adoptive (la pauvrette était aveugle), il promet d'embrasser la foi chrétienne. Acceptant le marché, Valentinus posa ses mains sur les yeux de la fillette, entonna une prière et celle-ci recouvra la vue.

Par ce miracle, non seulement Asterius s'est-il fait baptiser, mais il convainc aussi toute sa famille de le suivre. La nouvelle parvint malheureusement aux oreilles de l'empereur qui les fit tous exécuter. Valentinus, lui, est décapité un 14 février et devint un saint deux siècles plus tard grâce au pape Gélase 1er.

La vraie origine de la Saint-Valentin

Presque mille ans plus tard, le célèbre Geoffrey Chaucer, père de la littérature anglaise, écrit entre 1380 et 1390 un poème intitulé "Parlement of Foules". Il s'agit d'une fable dans laquelle des oiseaux se rassemblent pour trouver l'amour sous l'autorité bienveillante de la Nature. Dans le poème, cette réunion se fait juste avant le printemps, au mois de février. L'auteur y fait alors explicitement allusion au fait que le jour de la Saint-Valentin est un jour spécial pour les amoureux, car c'est le 14 février que les couples d'oiseaux se forment. Il y écrit notamment : "For this was on Saint-Valentine's day / When every fowl comes there his mate to take", ce que l'on pourrait traduire par "Car c'était le jour de la Saint-Valentin / Le jour où chaque oiseau vient choisir son partenaire."

Un autre poète prolifique se dispute toutefois la paternité de la Saint-Valentin avec Chaucer : il s'agit du chevalier poète Othon de Grandson, un auteur français dont la notoriété était déjà européenne. C'était un auteur contemporain à Geoffrey Chaucer, c'est-à-dire vivant à la même époque que lui, et lui aussi, dans ses poèmes, a associé l'amour et ses délicieux supplices au jour où l'on fête saint Valentin. Les deux poètes ont-ils eu l'idée en même temps ou l'un se serait-il plutôt inspiré de l'autre ? Difficile de le déterminer avec certitude, mais toujours est-il que quasiment le tiers des œuvres d'Othon de Grandson évoque ainsi le jour de la Saint-Valentin.

Distillée par ces deux auteurs majeurs, l'idée de consacrer la Saint-Valentin aux amoureux plût aux Anglo-Saxons et elle fut adoptée par la culture anglaise féodale. D'Angleterre, la célébration de la Saint-Valentin rayonna ensuite vers l'Europe, notamment vers la France par le biais du duc - mais également poète - Charles d'Orléans. Le prince avait en effet passé 25 ans emprisonné dans la Tour de Londres et avait consacré ce temps à écrire des ballades et des recueils de poèmes largement inspirés de la culture de son pays d'exil.

En 1496, saint Valentin devint "officiellement" le protecteur des amoureux, chose qui permit à la fête du 14 février de s'établir durablement dans la culture populaire. Au départ, les amoureux s'échangeaient des mots doux pour l'occasion, des petits billets plus tard remplacés par des cartes illustrées. De petites délicatesses vinrent par la suite s'y associer, des fleurs ou du chocolat et autres petites attentions. Sentant le filon, les marchands finirent par s'emparer de la Saint-Valentin, la façonnant en fête commerciale, telle qu'on la connaît aujourd'hui. Pour autant, le 14 février reste l'occasion parfaite pour célébrer l'amour sous toutes ses formes.



Les autres légendes de la Saint-Valentin

Une fête aussi importante que la Saint-Valentin ne pouvait pas traverser les siècles sans traîner quelques légendes dans son sillage. En voici les principales, toutes peu probables, car soutenues par aucun fait et aucune évidence historique :


  • Valentinus se serait épris de la fille du juge qu'il a guéri (qui n'est donc pas une enfant dans cette version) et aurait vécu une histoire avec elle. Avant son exécution, il lui aurait ainsi écrit une lettre, que l'on imagine romantique, en signant "ton Valentin". De là serait partie la tradition des petits mots à la Saint-Valentin. Dans d'autres variantes, le juge est un geôlier, mais la fille et la lettre demeurent.

  • L'empereur Claude II, souhaitant enrôler le plus d'hommes valides possible dans son armée pour alimenter ses guerres, aurait interdit le mariage, mais Valentinus aurait bravé cette interdiction au nom de l'amour. Il finit par être arrêté et exécuté pour sa peine.

  • Valentinus aurait délivré en cachette des mots de leurs bien-aimé(e)s aux amoureux emprisonnés par Claude II, devenant ainsi un bienfaiteur de l'amour.

  • La Saint-Valentin serait en fait une fête païenne, les Lupercales, que l’Église aurait récupérée à son compte à la fin du 5e siècle. Les Lupercales étaient en effet une célébration durant laquelle, entre autres, de jeunes gens à moitié dénudés parcouraient Rome avec des lanières de peau de bouc. Ils s'en servaient pour frapper les femmes souhaitant avoir un enfant parce que, pensait-on, cela les rendait fertiles. Comme les Lupercales avaient traditionnellement lieu du 13 au 15 février, le pape d'alors (Gélase 1er) aurait choisi la date du 14 février pour les intégrer dans le christianisme. Or, s'il est vrai que Gélase 1er a bien mis un terme aux Lupercales, il n'existe aucune preuve de leur remplacement par la Saint-Valentin, ni même par une quelconque autre fête chrétienne.

Publié le 27 janvier 2021

A lire ailleurs

Vos commentaires

Soyez le premier à laisser un commentaire !

Cherchez une réponse :


Vous n'avez pas trouvé de réponse ?

Posez votre question