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Uber, un succès planétaire qui divise

Uber a révolutionné notre manière d'appréhender le transport urbain. Tirant profit des capacités de nos smartphones, l'entreprise a pu mettre en place un service jusqu'alors inédit et surtout pratique en bien des points. Mais une médaille a toujours son revers et le succès d'Uber ne fait pas exception.

Aujourd'hui au cœur de nombreuses polémiques, la société Uber a été fondée en 2009 par 3 personnes : Oscar Salazar, Garett Camp et le controversé Travis Kalanick, la figure publique de l'entreprise. Elle est basée en Californie, à San Francisco, mais son succès international fait qu'elle est maintenant présente dans plus de 310 villes dans le monde.

Qu'est-ce que Uber ?

Le cœur de métier d'Uber est d'offrir un service mettant en relation des particuliers désireux de se rendre quelque part avec des chauffeurs possédant une voiture et pouvant les amener à destination. Évidemment, la course n'est pas gratuite et ce sont les premiers qui rémunèrent les seconds en passant par Uber qui, au passage, prend une commission.

Cette mise en relation se fait grâce à une application disponible sur iOS (iPhone et iPad) et Android (Samsung, LG, HTC, etc). Utilisant la géolocalisation, elle est tellement pratique que commander une voiture se fait par le truchement d'un bouton (acte communément baptisé "appeler un Uber").

Les chauffeurs Uber ne sont pas des salariés, mais des particuliers offrant une prestation considérée comme ponctuelle. Ils sont toutefois sélectionnés sur la base de critères précis comme l'ancienneté du véhicule, l’ancienneté du permis ou encore l'existence d’un contrat d'assurance adéquat.

Un succès qui cause problème

A ses tous débuts, Uber a révolutionné notre façon de nous déplacer en ville. Auparavant, trouver un taxi relevait du parcours de combattant. Avec Uber, une simple pression du doigt appelle une voiture à notre emplacement exact dans les 5 minutes. Pour ne rien gâcher, une course en Uber est généralement moins chère.

Mais ce succès fulgurant n'est pas vu d'un bon œil du côté des taxis qui y voient une concurrence déloyale. En effet, les chauffeurs Uber ne paient aucune taxe puisque la société ne se définit pas comme une entreprise de transport ou de VTC (véhicule de tourisme avec chauffeur). Les chauffeurs de taxi, eux, doivent s'acquitter d'une redevance mensuelle, d'une licence et même, pour certains, de la location du véhicule. Avec moins de charges, les Uber peuvent donc fournir un service moins cher.

En France, les manifestations anti- Uber ont commencé en 2014 avec, par la suite, des protestations violentes allant jusqu'à l'agression et la destruction de véhicules Uber. Fin 2015, ayant jusque-là présenté son service comme du covoiturage, Uber a été condamné à 150.000 euros d'amende pour "pratique commerciale trompeuse". Un an plus tard, c'est une condamnation de 800.000 euros qui tombe pour "organisation illégale d’un système de mise en relation de clients avec des personnes qui se livrent au transport routier de personnes à titre onéreux". Même les dirigeants Europe de l'entreprise écopent alors d'une amende.

En 6 ans d'existence, Uber aura dépensé près de 162 millions de dollars en condamnations diverses dans le monde.

Des méthodes peu réjouissantes

Mais ce qui vient déranger le plus chez Uber, ce sont ces pratiques douteuses qui choquent l'opinion publique. Entre une application qui espionne les utilisateurs et rendent leurs informations privées facilement consultables par des milliers de salariés, et une fonction cachée permettant aux chauffeurs d'éviter les contrôles, c'est surtout la culture de l'entreprise qui a de quoi donner froid dans le dos.

Prônant l'efficacité économique avant tout, la société internationale va jusqu'à augmenter unilatéralement ses tarifs sans consultation. Ainsi, lors d'une prise d'otages ayant lieu dans un café de Martin Place à Sydney en 2014, les tarifs Uber pour quitter la zone ont triplé ou quadruplé. Calculée par un algorithme, cette hausse brusque due à une demande soudainement élevée s'est répétée à New York après un attentat à la bombe en 2016. Les tarifs avaient alors doublé.

Mais même sans algorithme, la société peut arbitrairement faire grimper sa commission, comme ce qui s’est passé en France où les chauffeurs, s'estimant sous-payés, n'hésitent plus à manifester leur colère dans la rue.

Cela va jusqu'à instaurer une culture de la terreur dans l'entreprise, à laquelle s’ajoutent des scandales de sexisme, d'homophobie et même de maltraitance. Et cela ne semble pas s'arranger avec un Travis Kalanick vindicatif et critiqué pour son inertie presque complice.

Aujourd'hui, Uber semble à bout de souffle, miné par des concurrents ayant copié son concept, des villes qui ne veulent plus de ce concept et une image de plus en plus dégradée. L'entreprise doit plus que jamais évoluer pour survivre.

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