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Quiet Quitting, la nouvelle tendance boulot qui séduit la génération Z

En 2022, le terme de "quiet quitting" – soit la démission silencieuse – compte parmi les tendances les plus discutées sur les réseaux sociaux. Une vidéo publiée sur TikTok publiée a dépassé les 90 millions de vues et généré des milliers de commentaires, preuve que le concept, qui consiste à ne faire que le strict minimum au travail, séduit de nombreux adeptes. Voyons ensemble en quoi consiste cette nouvelle forme de travail qui pourrait bien faire des émules.

Le quiet quitting est une tendance au travail qui prône de ne faire que ce pour quoi on est payé : pas d'heures supplémentaires, pas de réunions tardives, aucune tâche non prévue par le contrat signé, et ceci afin de parvenir à un équilibre vie professionnelle/vie privée satisfaisant. Si l'idée n'est pas nouvelle et qu'elle est appliquée par certains travailleurs depuis longtemps, elle a été popularisée en 2022 et semble séduire de nombreux membres de la génération Z, âgés de 20 à 30 ans. Un phénomène qui a pris une grande ampleur via les réseaux sociaux.

Quiet quitting, la tendance à en faire le moins possible

Contrairement à ce que laisse à penser son nom, la tendance du quiet quitting ne consiste pas forcément à démissionner silencieusement, mais plutôt à s'en tenir aux tâches de base de son poste, sans en faire plus. Certains des travailleurs optent pour cette attitude dans l'objectif de se faire licencier sans avoir à démissionner, mais la grande majorité voit cette tendance comme une nouvelle manière de travailler.

La première évocation de ce terme remonte à 2009, quand l'économiste Mark Boldger l'évoquait pour désigner la tendance à la diminution des ambitions des travailleurs au Venezuela. Puis, on l'a vu ressurgir en Chine en 2021 sous le terme de Tang Ping (pour "rester allongé"), avec un mouvement social de jeunes travailleurs prônant la stratégie du moindre effort, pour une génération qui a vu ses parents se tuer à la tâche.

En juillet 2022, un utilisateur du réseau social TikTok - qui se fait appeler "zaidleppelin" - a publié une vidéo dans laquelle il explique que « le travail ne doit pas être votre vie » et que « votre valeur n'est pas indexée à votre productivité ». Un appel à modérer ses efforts en entreprise qui semble avoir eu un écho tout particulier chez les utilisateurs de la plateforme, avec plus de 90 millions de vues, des millions de likes et des commentaires saluant cette façon de penser.

Une grande popularité au sein de la génération Z ?

Il semble y avoir plusieurs explications à cette tendance du quiet quitting et la première prend sa source dans la période de confinement qui a profondément marqué les jeunes travailleurs. Entre les efforts supplémentaires (demandés pour compenser les sous-effectifs sur une période où les embauches étaient figées) et le peu de reconnaissance (notamment en termes de gains financiers) qui a suivi, le ras-le-bol a pris le dessus.

Cette pandémie a également été l'occasion pour certains de se rendre compte de la fragilité de la vie humaine, ce qui a développé une envie d'en profiter au maximum. Dès lors, l'équilibre travail/vie privée est devenu une donnée essentielle et de plus en plus de jeunes, âgés entre 20 et 30 ans, privilégient un emploi qui respecte ce critère. Ils refusent donc de travailler hors de leurs horaires pré-établis, de se surcharger de boulot ou d'assurer une disponibilité par mail ou téléphone quand ils ne sont pas en poste. Cela touche des travailleurs débutants, mais aussi toute une génération de jeunes parents bien décidés à profiter des premières années de leur(s) enfant(s).

Enfin, la crainte d'un burn out qui guette les plus investis incite désormais les jeunes actifs à lever le pied. À l'époque de leurs parents, aucun terme ne mettait de mots sur ce mal devenu trop présent, ce qui empêchait les travailleurs d'affronter le problème comme il le fallait. Maintenant que cet épuisement professionnel à un nom, la solution du quiet quitting semble être une méthode adéquate pour l'éviter.

Comment peuvent réagir les entreprises face à ce phénomène ?

L'ampleur qu'a pris le phénomène de quiet quitting ces dernières semaines a propulsé le terme en haut des hashtags les plus populaires sur les réseaux sociaux et des journaux majeurs – comme le "Wall Street Journal" ou le "Harvard Business Review" – se sont même emparés du sujet, en faisant part de leurs inquiétudes. On se rappelle que l'année 2021 fut marquée par la Grande Démission, avec une forte augmentation du nombre de personnes quittant leur emploi intentionnellement, qui a fait trembler les entreprises et les patrons.

Certains spécialistes de la vieille école estiment que ce manque d'ambition professionnelle pose un problème, et que ces travailleurs ne peuvent offrir qu'un travail médiocre en raisonnant de la sorte, ce qui ne va pas de pair avec une augmentation salariale ou une évolution de carrière. D'autres, comme Rick Smith de la Carey Business School de Baltimore, invitent les travailleurs optant pour cette tendance à réfléchir à l'impact futur de leurs actions actuelles et aux bénéfices qu'ils pourraient tirer d'un véritable investissement au travail aujourd'hui.

Des recommandations éloignées des attentes d'une génération Z qui ne rêve plus de CDI, mais qui souhaite plus de flexibilité dans le travail (avec plus de télétravail) et un bien-être en entreprise qui aille plus loin que l'installation d'un babyfoot dans la salle de pause. Si les salaires restent évidemment importants, les employeurs devraient désormais tenir compte des attentes de leurs jeunes employés et respecter à la lettre les tâches spécifiées sur leur fiche de poste.

Publié le 30 septembre 2022