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Y a-t-il des tremblements de terre en France ?

Les séismes frappent de nombreux pays, et la France n'est pas épargnée. S'ils sont généralement de faible puissance en métropole, il existe des précédents historiques et les sismologues veillent au grain. Des zonages ont été établis en vue de la prévention des risques sismiques.

Qu'est-ce qu'un séisme ?

"Vibrations de l'écorce terrestre provoquées par des ondes sismiques qui rayonnent à partir d'une source d'énergie élastique créée par la rupture brutale des roches de la lithosphère" est la définition donnée par le Bureau de Recherche Géologique et Minière, l'institut chargé des questions sismologiques en France.

A l'échelle des temps géologiques, l'écorce terrestre n'est pas figée. Elle se déplace et se déforme car l'intérieur de notre planète (à plusieurs centaines de kilomètres de profondeur) est visqueux et des mouvements de convection s'y produisent. De l'énergie s'accumule au contact de la croûte et se libère par des mouvements brusques, souvent en profondeur, parfois plus proche de la surface, raison pour laquelle ils sont désignés communément par le terme "tremblement de terre". Ils peuvent également avoir pour origine une éruption volcanique ou même une cause artificielle, mais il s'agit de cas très marginaux. Les tremblements de terre arrivent par conséquent essentiellement dans les zones du monde où les plaques tectoniques sont en contact. Ils font partie du quotidien dans des pays comme le Japon ou Taïwan.

Mesurer l'intensité d'un séisme

Il existe plusieurs façons de mesurer la puissance des séismes et plusieurs échelles ont été définies selon deux catégories : la magnitude et l'intensité.

La magnitude est avant tout une mesure de l'énergie libérée par le séisme. La plus connue est la magnitude locale, dite de Richter. Cependant, celle-ci (et d'autres du même type), n'est pas fonctionnelle pour les séismes importants ou situés loin du sismographe. Les sismologues ont mis en place à la fin des années 1970 une autre mesure des séismes, dite magnitude de moment. Sa mesure est moins immédiate mais bien plus précise. Dans la pratique, c'est la magnitude de moment qui est utilisée par les scientifiques et présentée dans les médias. La magnitude est une grandeur logarithmique à base 10. Autrement dit, un séisme de magnitude 5 est 10 fois plus important qu'un séisme de magnitude 4.

Les autres échelles se basent sur les destructions observées. La plus connue est l'échelle de Mercalli, mais celle-ci a été remplacée en 1964 par l'échelle MSK (Medvedev-Sponheuer-Karnik), qui fonctionne sur le même principe. L'échelle MSK compte 12 degrés : de 1 (secousse non perceptible) à 12 pour une destruction totale de toute construction et un changement de paysage. Cette échelle a surtout un intérêt pour l'étude des séismes ayant eu lieu avant l'invention des sismographes et qui ne sont connus que par leurs effets, ainsi que pour les questions de sécurité civile.

Si la magnitude est une grandeur physique définie, l'intensité dépend notamment de la profondeur de l'épicentre et, bien entendu, du lieu d'observation.

La sismicité en France

Les séismes se produisent dans leur grande majorité dans les zones de contact entre les plaques tectoniques en mouvement, mais l'énergie peut parfois s'accumuler plus loin de ces zones. C'est le cas de la France métropolitaine.

Les zones de sismicité importante en France sont les Pyrénées, les reliefs de l'est ainsi qu'une ligne Bretagne-Auvergne. Cependant, seules les Alpes, les Pyrénées et dans une moindre mesure l'Alsace ont connu des séismes de magnitude relativement importante ces 50 dernières années. Bien que les séismes soient beaucoup plus nombreux dans ces zones, on est encore très loin, tant en nombre qu'en magnitude, de ce qui s'observe dans les pays situés directement sur des failles (côte Pacifique en Asie et en Amérique du Sud).

En 1991 puis en 2011, le territoire a fait l'objet d'un zonage sismique, notamment dans l'optique de la réglementation des normes antisismiques et dans la prévention des risques industriels. Seuls les Pyrénées, les Alpes et le sud de l'Alsace sont classés à risque sismique moyen. Les Antilles sont classées à fort risque sismique.

En France, des normes sont applicables suivant la sismicité du lieu (zonage défini dans le Code de l'Environnement) et la typologie du bâtiment (hauteur, utilisation, accueil du public, …). Les sites faisant le plus l'objet d'attention sont les sites stratégiques ainsi que les installations dangereuses, comme les centrales nucléaires.

Les tremblements de terre en France

La première installation sismographique en France date de 1892, à Strasbourg, alors située dans l'empire allemand. Tous les événements ayant eu lieu auparavant sont donc connus uniquement par des récits laissés par les témoins et sont donc très subjectifs.

De très nombreux témoignages ont été laissés. Le plus ancien séisme répertorié sur l'actuel territoire de la France remonte au 6e siècle et aurait tué plusieurs centaines de personnes. D'autres, au cours des siècles suivants, auraient même atteint, selon les témoignages historiques, une intensité de 9 sur l'échelle MSK. Autrement dit un effet dévastateur.

C'est depuis qu'il existe des mesures fiables que l'on a un meilleur aperçu de la réalité sismique de la France. Le premier gros séisme mesuré et documenté est celui de Lambesc, entre Marseille et Avignon, en 1909. Ce séisme est le plus fort enregistré à ce jour sur le sol métropolitain. Il est cependant possible que celui ayant eu lieu en 1564 à Roquebillière, dans les Alpes Maritimes, l'ait surpassé.

Les séismes ayant lieu en France font couler beaucoup d'encre médiatique, car ces événements y sont suffisamment rares pour marquer les esprits. Cependant, dans l'absolu, leur intensité est rarement suffisante pour être vraiment perçue par la population, et encore plus pour provoquer de réels dégâts.

Celui ayant eu lieu le 11 novembre 2019 au Teil, en banlieue de Montélimar, sort cependant de l'ordinaire. Pas tant par sa magnitude de 4,8 que par ses caractéristiques. A commencer par le fait que cette zone est répertoriée comme "à sismicité modérée" et qu'il n'y a pas eu de séisme important enregistré dans cette zone, même si la faille était déjà connue des sismologues. Ce séisme a en effet laissé une faille à la surface, ce qui est généralement le signe d'une magnitude très importante et d'un épicentre situé à plusieurs kilomètres de profondeur. Les séismes se produisant à proximité de la surface de la croûte terrestre sont habituellement de très faible puissance. Celui du Teil s'est produit à seulement 1,6 kilomètre de profondeur, ce qui ne produit habituellement ni fissure en surface ni magnitude importante. Même s'il existe des précédents, les géophysiciens vont tenter de trouver des éléments de réponse.

> A LIRE AUSSI : Peut-on prévoir les tremblements de terre ?

Publié le 31 janvier 2020

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