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Le silence va-t-il disparaître du monde ?

Si vous aimez profiter de temps à autre d'un peu de silence, il va falloir aller loin pour le chercher. Un scientifique a constaté en effet que le silence devenait rare sur notre planète, et pourrait même carrément disparaître.

Le silence naturel pourrait disparaître de la planète dans moins de 10 ans, si rien n'est fait pour le préserver. Ce constat, dramatique au possible, est fait par le bioacousticien américain Gordon Hempton, qui parcourt le monde depuis plus de 30 ans à la recherche du silence.

Ce spécialiste des sons n'est pas en quête d'un silence absolu – c'est utopique – mais de zones dans lesquelles les nuisances sonores causées par l'homme seraient indétectables. Pour lui, le silence se caractérise par un ensemble de sons composé de bruits de la nature. L'idéal serait un lieu où l'on entendrait uniquement les sons émis par les êtres vivants (la biophonie) et ceux que produit la nature, comme le bruissement du vent, le clapotis de l'eau, le crissement des feuilles d'arbre. Hélas, ces coins se font rarissimes dans le monde, puisqu'il n'en a détecté que 50 au cours de ses pérégrinations.

La sélection se fait sur la base d'enregistrements au sonomètre, qui ne doit pas détecter de bruits humains à intervalle de 15 minutes dans la zone pour être considérée comme silencieuse. On en trouverait en Afrique, dans certains pays d'Europe du Nord et en Amérique du Nord, où le bioacousticien s'évertue à protéger une zone de silence au cœur d'un parc naturel.

Pour Gordon Hempton, la disparition du silence dans le monde est grave et il rappelle, non sans une pointe de fatalisme, qu'aucune espèce vivante n'a survécu à la sélection naturelle sans être en mesure d'entendre les prédateurs qui s'approchent. Il s'est donc donné pour mission de préserver quelques centimètres carrés de silence, via le programme du même nom (One Square Inch of Silence) qui consiste à maintenir une zone de silence naturel au sein de la forêt Hoh Rain au cœur de l'Olympic National Park, situé dans l'état de Washington.

Dans ce havre de paix, le calme règne et la nature semble ne pas être affectée par le monde des hommes. C'est là qu'il vient se ressourcer, méditer et enregistrer ces sons si apaisants, qu'il propose ensuite à la vente en CD. Pour ce chercheur de silence – une quête entreprise après une perte auditive dont il ne s'est jamais complètement remis – le problème du bruit permanent a des répercussions palpables sur la société. Il estime qu'à force d'être sollicité par du bruit en permanence, l'homme perd sa faculté de bien écouter, ce qui se traduit par une volonté de vouloir combler le moindre instant de silence, même par des paroles vides de sens.

Publié le 24 décembre 2019

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