Vous utilisez un bloqueur de publicités et nous pouvons le comprendre.
Mais notre site est entièrement gratuit grâce à la publicité, non intrusive.
Merci de nous soutenir en désactivant votre bloqueur.

> Cliquez sur l'icône rouge située en haut à droite de votre navigateur
> Choisissez l'option : "Désactiver pour ce site"

Au japon, on ne pleure plus tout seul

Le Japon est le pays de l'insolite où le moindre phénomène de société est une occasion potentielle de voir apparaître des services délirants. Ou innovants, c'est selon le point de vue. C'est dans ce type de services que l'on retrouve Ikemeso, la société qui propose aux salariées surmenées de s'épancher en compagnie d'un beau jeune homme.

Ne plus pleurer toute seule

Ikemeso est un mot tiroir composé du mot "ikemen", signifiant en gros "beaux gosses" en japonais, et de "mesomeso" pour "pleurer". Fondée par Hiroki Terai en septembre 2015, cette entreprise est née d'un constat tout simple : la vie trépidante que mènent les femmes actives, ajoutée au stress du travail, les grignote à petit feu de l'intérieur jusqu'à ce qu'elles craquent.

Il suffit alors d'une déception de trop ou d'un surmenage pour que le moral tombe en berne. C'est là qu'intervient Ikemeso. Il propose un catalogue de séduisants jeunes hommes parmi lesquels la cliente pourra faire son choix. Contre 7 900 yens, soit une soixantaine d'euros, celui qu'elle aura choisi se déplacera alors à son lieu de travail où il pleurera avec elle.

Une idée pas si farfelue

"Ne retiens pas tes larmes, laisse aller ton chagrin" disait Amel Bent dans sa chanson éponyme. Des paroles pleines de bon sens puisque pleurer soulage le cœur. C'est en quelque sorte une catharsis, c'est-à-dire un moyen de se libérer des douleurs restées longtemps refoulées en notre for intérieur. Il n'y a qu'à voir notre apaisement après avoir pleuré pour s'en rendre compte.

L'idée d'aider des femmes en détresse émotionnelle en les faisant pleurer n'est donc pas si saugrenue que ça. D'autant plus que les employés au catalogue d'Ikemeso sont formés pour que tout se passe bien. Ils sont à l'écoute, ont tout le nécessaire pour faire pleurer (quitte à visionner un film triste) et une fois que les larmes coulent, ils les essuient avec délicatesse des joues de la cliente. Une empathie qui fait mouche puisqu'au sortir d'une séance, toute tension s’est envolée. La joie est même palpable, tout le monde sourit avec enthousiasme et la conversation est légère. Et le fait que les "coursiers des larmes" soient de charmants jeunes hommes aide apparemment beaucoup.

Autre pays, autre culture

L'idée de payer pour pleurer sur l'épaule de quelqu'un, d'un bellâtre qui plus est, peut paraître choquant de notre point de vue d'occidentaux, mais au Japon, la situation est différente. Au pays du Soleil levant, il est mal vu de se laisser aller à ses sentiments, qu'il s'agisse de la colère ou de la tristesse. D'ailleurs, les Japonais seraient les personnes les moins enclines à pleurer.

Pourtant, tout intérioriser n'est pas forcément une bonne chose puisqu'un jour où l'autre, il faudra bien que ça sorte. Il existe ainsi une pratique spécialement populaire chez les femmes japonaises nommée rui-katsu, que l'on pourrait traduire en "recherche des pleurs". Seul ou en groupe, le but est d’aller chercher les larmes afin de déstresser. Ikemeso ne fait ainsi que s’inscrire dans cette démarche.

Il faut aussi savoir que la solitude est un vrai fléau dans le Japon d'aujourd'hui. Elle engendre une détresse sociale qui s'ajoute au désarroi de ceux qui en sont touchés. Le soir venu, la plupart des Japonais, en particulier les femmes carriéristes, n'ont ainsi personne à qui parler pour décharger tout le stress de la journée. Encore une fois, il y a là un besoin qu’Ikemeso remplit parfaitement.

Vos commentaires

Soyez le premier à laisser un commentaire !

Magazines de société

Abonnement TERRA ECO
Abonnement L'ACTU
Abonnement LE PETIT QUOTIDIEN
Abonnement LE MONDE DES ADOS
Abonnement PARIS MATCH
Abonnement MON QUOTIDIEN